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Affaire Abdoulaye Bah/ Pourquoi il doit rester Maire ?

Les questions fondamentales à se poser pour débroussailler et voir clair, et se voir face à face, les yeux dans les yeux, sont les suivantes :

1-Si les accords électoraux conclus, accordaient la mairie au candidat du RPG, l’imam et le kountigui auraient-ils tenu les mêmes propos ? Le doute est permis.

2-Dans les villes ou les accords ont attribué la mairie aux candidats RPG, des imams ou kountigui se sont-ils prononcés contre ? Mieux, des militants de l’UFDG mecontents sont-ils sortis pour s’opposer ? NON.

3-Si Mr BAH, bien que peul, était investi par le RPG, l’imam aurait-il tenu les mêmes propos ? NON

Rappelons que ce même imam avait encouragé la mobilisation de soutien à OYÉ comme « fils de kindia » pour être ministre. OYÉ est-il plus « fils de kindia » que Mr BAH ? Aux archéologues et ethnologues de répondre.

4-Si Mr BAH, bien que peul, était investi par le RPG, le kountigui aurait-il dit « Nous ne voulons pas d’Abdoulaye Bah du RPG comme maire de Kindia » ? NON

De quelque bout qu’on prend cette affaire, on aboutira à soit une discrimination ethnique (l’origine peule du candidat qui poserait problème), soit une discrimination politique (l’affiliation politique du candidat à l’UFDG).

Tous ces notables n’osent pas le parti au pouvoir, ils savent tout, voient tout, mais observent la neutralité liée à leur statut, mais dès que ça concerne l’UFDG ou un peul, ils font valoir leurs idées, leurs avis.

ABDOULAYE BAH DOIT RESTER MAIRE PARCE QUE LA REPUBLIQUE DOIT :

– Signifier à l’ensemble des imams du pays que l’élection d’un Maire ou sa désignation de quelque procédé que ce soit, même de façon mafieuse, occulte, ne leur regarde pas, ne relève pas de leur compétence, de leur juridiction.
– Notifier à tous les kountigui et leurs équivalents des autres régions, et à l’ensemble des notabilités religieuses et traditionnelles du pays, que la désignation d’une quelconque autorité politique, même un chef de village de 10 habitants, ne relève pas de leur juridiction.
– Dire et redire à tous, que tous les Guinéens ont les mêmes droits sur chaque mètre carré du territoire national.
– Renvoyer les imams et les notabilités religieuses et traditionnelles à leurs études qui consistent à s’occuper de la vertu ici bas de leurs fidèles, ou communautés, et du salut de ces derniers à l’au-delà.

UNE QUESTION DE PRINCIPE

Cette affaire est une question de principe : Si les notables, les imams, et les kountigui gagnent, cela fera une fâcheuse jurisprudence, et attendez vous au morcellement du pays, ce sera l’acte fondateur de toute sécession future.

S’ils gagnent, alors il ne faudrait plus parler de république, d’Etat unitaire et indivisible, d’égalité, et de laïcité.

Si un peul ne veut pas voir un dirigeant autre que peul à la tête d’une ville au Fouta, alors qu’il milite pour la sécession du Fouta ; si un Soussou se trouve dans les mêmes dispositions d’esprit, qu’il fasse la même chose ; même chose pour le Malinké et nos compatriotes de la Guinée forestière.

Mais, tant que nous serons dans un Etat unitaire, républicaine, laïc, et égalitaire, ne serait-ce que dans les textes, dans l’imagination, dans le faux, chaque Guinéen aura le droit de se déplacer, de s’établir, de commercer, de voter, et de se faire élire sur chaque mètre carré du territoire national conformément aux lois votées par l’AN, aux mesures gouvernementales, et aux décisions judiciaires de notre pays.

Sachez que, tant que nous serons dans une république, une, et indivisible, même les végétaux auront le droit de vous diriger, d’être électeurs, et élus sur chaque mètre carré du territoire national.

En conséquence, Abdoulaye BAH doit être investi à la Mairie de Kindia, par le concours de la force publique si nécessaire. S’il le faut, il doit être envoyé à la mairie par hélicoptère et la mairie entourée par les bérets rouges. Même mort, il doit être investi à titre posthume, cela pour que les principes restent plus forts que les hommes. Il y a des principes qui ne souffrent d’aucune transaction, ou application à minima.

UNE PETITE HISTOIRE DES USA

La Cour suprême des USA, dans l’arrêt Missouri ex rel. Gaines vs Canada 1938 : imposa l’admission d’un étudiant Noir dans une université blanche, rejetant la proposition du Missouri qui voulait en échange financer les études de l’étudiant Noir dans un État voisin. Cet arrêt fait penser au Kountigui qui veut aussi échanger Abdoulaye BAH contre je ne sais quoi d’autre, donc nous aussi, on n’échange pas, c’est au Kountigui de revoir sa copie.

Dans un autre arrêt, sans doute l’un des plus célèbre de l’histoire des usa, la Cour suprême dans l’arrêt Brown vs. Board of Education, 1954, mit fin au principe “ séparés mais égaux” dans l’éducation nationale, obligeant ainsi des écoles et universités blanches d’accueillir des étudiants Noirs.

L’éditorial du Daily News de Jackson, dans le Mississippi ne supportant pas que des étudiants Noirs soient admis dans des écoles blanches comme le préconisa la Cour suprême, écrivit : « Il se pourrait bien que le sang coule dans bien des endroits dans le Sud à cause de cette décision, mais ce sont les marches de marbre blanc du bâtiment de la Cour suprême qui seront souillées par ce sang »

Pour l’application de cette décision, pour que force reste à la loi, aux principes, le président EISENHOWER envoya sur place mille hommes de la prestigieuse 101è division aéroportée et mit la garde nationale de l’Arkansas sous contrôle fédéral. Les « 9 de Little Rock » comme on appelle les 9 étudiants Noirs, se voient affecter chacun un militaire de la 101e comme garde du corps.

Si on doit passer par là pour que la Guinée soit un Etat qui reconnait et traite tous ses citoyens de façon égale et légale, alors on y va, certains principes ne s’écrivent qu’avec le sang.

source:guineepresse.info

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